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Pays de la Loire

Les infirmiers-pompiers au feu contre leur Ordre

lundi 12 avril 2010

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En Loire-Atlantique, trois véhicules de liaison médicale effectuent plus de 3000 interventions annuelles. Ils soulagent les Samu.

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Comme la grande majorité des infirmiers, ils refusent d'adhérer à un Ordre dont ils ne veulent pas. Leur présence en intervention est menacée.

Quel est le problème ?

C'est en Loire-Atlantique que la polémique émerge et elle commence à faire tache d'huile. En février, quelque 80 infirmiers-pompiers volontaires (hospitaliers ou libéraux qui assurent des gardes dans les centres de secours) ont reçu de leur direction départementale une note les intimant à s'inscrire à l'Ordre infirmier. Cela, avant le 1er mai 2010. La loi votée en septembre 2009 prévoit effectivement l'adhésion à cet Ordre. Son application est cependant longue à se mettre en route. 10 à 30 % des infirmiers hospitaliers ou libéraux seraient inscrits. Car six syndicats (CFDT, CGT, FO, Sud, Unsa, FSU, CFTC) ont protesté, et protestent encore. Ils ne voient pas l'intérêt d'un nouvel organe de tutelle, alors que les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) jouent déjà ce rôle. Et puis, il y a le coût de la cotisation. 75 €, qui multipliée par les presque 500 000 infirmiers inscrits en France, constituerait « un pactole de 34 millions d'euros, indécent et inutile », pestent les syndicats.

Pourquoi les infirmiers-pompiers ?

Malgré les réticences, l'Ordre des infirmiers poursuit ses incitations à l'adhésion. La hiérarchie des pompiers, médicale et administrative, évoque l'obligation de se mettre en conformité avec la loi. Car les infirmiers-pompiers reçoivent des médecins une délégation pour pouvoir réaliser douze actes médicaux lors de leurs interventions. Exemple, le protocole 12 prévoit l'injection de morphine. Pour la hiérarchie, l'infirmier-pompier n'est plus couvert s'il n'est pas inscrit à l'Ordre. Interprétation zélée, rétorque par exemple la CFDT, ajoutant que « le décret d'application de la loi n'est même pas encore paru ». Dans les hôpitaux, les directeurs n'en sont pas encore à imposer l'inscription à leurs nombreux infirmiers.

Quelles seraient les conséquences ?

Douloureuses pour les victimes d'accidents. La piqûre anti-douleur sur une jambe cassée afin de mieux supporter le transport à l'hôpital, c'est peut-être fini. C'est ce que disent les infirmiers. En Loire-Atlantique, ils seraient une cinquantaine d'irréductibles, de quoi interrompre le fonctionnement du Véhicule de liaison médicalisé, une spécificité du département. La direction par la voix du colonel Berthelot estime « pouvoir faire tourner les VLM avec les seuls infirmiers inscrits à l'Ordre ». Mais, elle n'écarte pas l'hypothèse d'une évolution prochaine de la loi. Syndicats et partis de gauche sont franchement hostiles à cet Ordre obligatoire. Le socialiste nazairien Philippe Grosvalet, président du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Loire-Atlantique, a d'ailleurs donné raison à ses pompiers réfractaires, mais « ne peut éviter leur évincement de l'opérationnel. »

Frédéric SALLE.

Plus d'informations dans le journal Ouest-France